45 · Turquie · Construit 1478
Palais De Topkapı
Un empire gigantesque gouverné depuis un complexe de cours et de pavillons plutôt que depuis un édifice unique.
Elle s'ouvrira dès que les dépenses totales sur les monuments de Turquie atteindront 1 500 $US.
Registre Des Détenteurs
Le registre est vide. La première personne à le réclamer sera inscrite ici pour toujours — à partir de 3 $US.
L'histoire
Dans la salle du Conseil impérial (Dîvân-ı Hümâyûn), au-dessus de l'endroit exact où s'asseyait le grand vizir, se trouve une fenêtre en hauteur dissimulée derrière un moucharabieh doré (Kafes). Derrière ce treillage courait un couloir secret relié aux appartements privés impériaux. Le sultan pouvait s'y tenir debout dans l'ombre et écouter chaque débat politique des ministres sans jamais être vu. Nul vizir ne savait si le souverain était présent ou non : le pouvoir ottoman n'avait pas besoin de se montrer, la possibilité permanente de sa présence suffisait à imposer la discipline.
Quatre Cours Successives Vers L'intimité Du Pouvoir
Érigé à partir de 1459 sous le règne du sultan Mehmed II le Conquérant sur le promontoire de Sarayburnu — à la jonction de la mer de Marmara, du Bosphore et de la Corne d'Or —, le palais de Topkapı s'organise selon une suite de quatre cours intérieures arborées.
À chaque porte franchie, le cercle des personnes autorisées se restreint : la première cour était ouverte à la ville ; la deuxième accueillait le conseil d'État et les cuisines impériales ; la troisième abritait l'école des pages (Enderûn) et la salle des audiences privées ; la quatrième s'ouvrait sur des jardins en terrasses et des kiosques de marbre face à la mer.
Le Silence Absolu Et Le Protocole De La Porte Du Salut
À la porte du Salut (Bâbüsselâm), tout le monde devait descendre de cheval : seul le sultan franchissait ce seuil à cheval. À l'intérieur régnait un silence protocolaire absolu, les gardes et serviteurs muets communiquant uniquement par signes codifiés, ce qui impressionnait profondément les ambassadeurs occidentaux.
Les immenses cuisines impériales conçues par Mimar Sinan abritent aujourd'hui l'une des plus exceptionnelles collections de porcelaines impériales chinoises céladon et bleu-blanc au monde.
Les Saintes Reliques Et Le Trésor Impérial
Le palais abrite le pavillon des Saintes Reliques (Mukaddes Emanetler), rapportées du Caire par Sélim Ier au XVIe siècle (manteau, épée et reliques sacrées du Prophète), où la récitation continue du Coran est perpétuée depuis des siècles. On y admire également le célèbre poignard de Topkapı serti d'émeraudes et le diamant du Fabricant de Cuillères de quatre-vingt-six carats.
Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1985 au sein des zones historiques d'Istanbul, le palais de Topkapı veille éternellement sur les flots du Bosphore.