41 · Turquie · Construit v. 9600 av. J.-C.

Göbeklitepe

Des piliers mégalithiques géants érigés par des chasseurs-cueilleurs des milliers d'années avant l'agriculture et la sédentarisation.

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L'histoire

Klaus Schmidt remarquant l'angle du premier pilier en T parmi des éclats de silex

À l'automne 1994, l'archéologue allemand Klaus Schmidt gravissait une colline pierreuse près de Şanlıurfa, en Anatolie du Sud-Est. Le lieu était nommé par les villageois Göbekli Tepe (« la colline au nombril »). Alors qu'une mission antérieure y avait vu un cimetière byzantin négligeable, Schmidt remarqua que le sol était jonché de centaines de milliers d'éclats de silex taillés de main d'homme. La colline était un gigantesque tertre artificiel recouvrant un sanctuaire préhistorique enfoui.

Les fouilles qui débutèrent l'année suivante allaient bouleverser l'histoire de l'humanité : des chasseurs-cueilleurs n'ayant encore inventé ni l'agriculture, ni la céramique, ni les métaux avaient bâti le premier temple monumental de l'histoire.

Le Sanctuaire Avant La Cité

Les deux piliers géants en T dressés au centre de l'enceinte circulaire

Les enclos de Göbeklitepe remontent à environ 9600 av. J.-C., soit près de 11 500 ans avant notre ère — six mille ans avant Stonehenge et sept mille ans avant les pyramides de Gizeh. Jusqu'alors, la théorie admise voulait que l'agriculture ait engendré la sédentarisation, puis les villes et enfin la religion institutionnelle. Göbeklitepe a inversé ce paradigme : c'est le besoin de se rassembler autour d'un culte partagé qui a poussé les groupes humains à se sédentariser et à domestiquer les premières céréales sauvages (engrain) pour nourrir les bâtisseurs.

Chaque enclos circulaire abrite au centre deux piliers mégalithiques en « T » hauts de cinq mètres et pesant jusqu'à vingt tonnes. Ces piliers représentent des silhouettes humaines stylisées : la barre horizontale figure la tête, tandis que des bras, des mains et des pagnes de cuir sont sculptés en bas-relief le long du fût sans aucun trait de visage.

Des Bas-Reliefs D'animaux Sauvages Et Un Enfouissement Volontaire

Bas-relief d'animal sauvage sculpté sur le flanc d'un pilier mégalithique

Les piliers sont richement ornés d'animaux sauvages sculptés en haut et bas-relief : renards, sangliers, vautours, serpents, scorpions et lions.

Mais le plus grand mystère de Göbeklitepe réside dans sa fin : vers 8000 av. J.-C., après des siècles d'usage, les communautés n'ont pas abandonné le site mais l'ont sciemment et rituellement enterré sous des tonnes de remblais de terre et d'ossements, préservant ainsi les sculptures intactes de l'érosion pendant dix mille ans.

Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2018, Göbeklitepe abrite aujourd'hui une vaste toiture de protection pour préserver le berceau de l'architecture monumentale humaine.

Sources Et Lectures

Des dossiers institutionnels pour approfondir la lecture, sans validation de chaque détail du récit.

Emplacement

Şanlıurfa
Turquie

Örencik, 63290 Haliliye/Şanlıurfa

37.2233, 38.9224